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A vrai dire : La santé a mal

Saoudi El Amalki

Où va la santé dans notre pays ? Une question à laquelle on devrait avoir honte de la poser, puisque la réponse saute déjà aux yeux de la façon la plus exaspérante.

Au moment où on mettait les bouchées doubles pour assurer la couverture sanitaire en direction des couches les plus déshéritées de la société, l’offre de la santé publique est en pleine détérioration sur quasiment l’ensemble des établissements du secteur.

A cet égard, on en citera un exemple des plus déplorables, là où on peut porter un jugement concret, à travers des témoignages fiables de certains professionnels opérant au cœur du département.

En effet, il est question de l’hôpital provincial d’Inezgane, à l’instar de nombre d’hôpitaux du Royaume.

Il est bien vrai que la problématique n’est pas du tout lié seulement au personnel exerçant quoiqu’une part de responsabilité incombe à certains cadres de la profession. A ce propos, il est à relever que des professionnels désertent le public sans le moindre regret pour se rendre au privé, d’une manière massive.

C’est une réelle hémorragie qui s’abat hélas, sur les hôpitaux, générant un manque horrible dans les différents services.

«La pénurie en terme d’équipements et d’outils de travail est telle qu’on ne peut pas y rester à voir les souffrances cruelles des patients.

On ne tolérera jamais cette insouciance qui pèse atrocement sur notre mission, sans parler du manque d’hygiène et de propreté qui laissent à désirer !», déplore un médecin qui vient de quitter l’hôpital pour trouver refuge dans son propre cabinet.

Un collègue raconte non sans désolation que « l’hôpital ne pourra pas faire fonctionner un scanner, à titre d’exemple, si jamais le manipulateur va en congé ou tombe malade.

L’appareil demeure alors inutilisable durant toute la période de son absence, alors que les malades s’en trouvent en état critique car il n’y a personne pour remplacer le cadre absent ».

De quoi se faire arracher les cheveux devant cette indigence hallucinante ! A cette cadence du départ intensif des professionnels de la santé, on finirait par «vider» les hôpitaux du personnel soignant. Faut-il incriminer ces partants pour leur acte qui pourrait paraître incivique ?

La réponse ne serait guère aussi simple que cela, car la situation est beaucoup plus complexe, dans la mesure où le secteur sombre dans le bourbier, à commencer par la carence des ressources humaines elle-même, la sous-rémunération, l’affront au quotidien des conditions lamentables au sein des lieux de travail et le manque effroyable du matériel dans les divers services.

Il est bien vrai que cet état de fait existe un peu partout dans le pays et ce n’est nullement les exemples qui feront défaut.

Il est également non moins vrai que l’Etat est capable de surmonter ces handicaps avec ferme volontarisme, exactement comme il l’a si bien fait pour maîtriser la pandémie pendant deux années d’affilée, sur tous les plans tant sanitaire, sécuritaire qu’en socio-économique.

Ce qui incite à dire qu’il pourrait en faire une priorité dans sa politique publique, non pas au titre de slogan creux, mais dans la pratique au service d’une société qui manque affreusement d’une santé décente, pérenne et équitable !

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