A vrai dire:  Des paradoxes à aplanir

Saoudi El Amalki

Notre pays traverse une phase cruciale de son histoire.

Les acquis notoires qu’il a cumulés en termes de réformes dans moult domaines, institutionnel, démocratique, économique, social, écologique, culturel… sont, en effet, un choix juste pour poursuivre l’ouverture des chantiers multiformes et assurer le développement pérenne…

Mais, il y a lieu de constater que ces performances que nul ne pourrait contester sont entachées de réelles faiblesses, en revanche.

C’est assez énigmatique pour une nation qu’on citerait, en principe parmi celles du camp des contrées émergentes !

Depuis plus de deux décennies, la ruée vers la mise en œuvre des grands travaux, ne cesse de faire avancer avec ferveur, la courbe exponentielle, en matière de projets et d’infrastructures.

En fait, les indices de croissance accusent des reculs au point de générer une sorte polarisation sociale encore plus criante que la disparité usuelle de l’homme et de l’espace.

Cette dichotomie à maints niveaux présente drôlement des indicateurs d’un Maroc à double vitesse.

Assurément, le pays s’adjuge des atouts à créer l’équilibre escompté.

C’est bel et bien, cette capacité qu’on ne trouve nulle part, consistant à évoluer constamment dans la stabilité, quoique le torchon brûle.

Mais, tant que cette fracture gangrène les ramifications de son système d’évolution, on ne pourrait guère prétendre à l’émergence.

Pis encore, cette panne ne fera qu’hypothéquer ce potentiel mis en valeur ci-dessus, qu’est la stabilité.

Ainsi, l’effort consenti à présent dans les grands chantiers serait vain, si l’on continue à ignorer l’aplomb social dont le relèvement du taux de croissance pourrait impacter la vie du peuple.

Les dysfonctionnements préjudiciables des politiques publiques, au niveau des services vitaux de la société que sont l’éducation, la santé, l’emploi, l’habitat, l’écologie et la culture présentent des freins à l’essor et, de ce fait, accentuent les marges de corruption, de dépravation, de délinquance, de radicalisation…

En conséquence, notre pays nécessite, de façon urgente de mettre un terme à l’élargissement de ce fossé qui fait que son essor s’effectue dans des conditions quasiment hybrides.

Il s’agirait, à notre sens, de mettre en œuvre un nouveau contrat politique susceptible de poursuivre l’approche judicieuse des grands travaux, mais également de rehausser le niveau de croissance en menant pour de bon une politique littéralement tournée vers la libération et l’optimisation de son capital humain.

Le front national qui avait introduit le pays, au côté de la monarchie, dans le processus de l’expansion, depuis, maintenant deux décennie, est appelé à se ressaisir et à se déployer à fond, sans se cantonner dans des calculs réducteurs.

Il importe donc de sortir de la léthargie et de l’attentisme chroniques.

L’élite constitue l’épine dorsale de la résurrection nationale, car les innovations contenues dans la constitution, jusqu’ici en état d’hibernation,ont foncièrement besoin de cerveaux créatifs et accompagnateurs de grands changements de société qui s’opèrent dans notre pays de manière ascendante…


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