A vrai dire: De la terre à la mer, rien ne va ou presque 

Saoudi El Amalki

Après les échecs des réformes de l’éducation nationale, des plans Azur du tourisme et Maroc Vert de l’agriculture…, celui de la pêche qu’on a baptisé Halieutis semble être timoré par le mal de mer.

La politique de planification qui s’est instaurée de nouveau dans notre pays, après les triennaux et les quinquennaux mis en œuvre, il y a des décennies, paraît chavirer aux termes de graves tourbillons.

Pour ce qui est des métiers de la pêche maritime, la mise en pratique de la stratégie nationale Halieutis se voulait détentrice de multiples nouveautés substantielles, à tous les niveaux du secteur.

Sans chercher à polémiquer sur la caducité du cadre suggéré ou encore sur le traitement sectaire exercé sur nombre de catégories, le plan Halieutis est maintenant mis à l’épreuve.

Il s’articule, faut-il le rappeler, autour de trois piliers fondateurs à savoir la durabilité, la performance et la compétitivité, par le biais de mesures accompagnatrices et d’outils-clés de leur concrétisation.

A chacun d’en tirer les conclusions qui s’imposent, car il importe peu de camper sur des critiques à son égard, maintenant qu’il s’est introduit dans la phase de l’opérationnalité, il y a des lustres.

Si le projet s’avère globalisant et annonciateur de possibilités immenses d’aller de l’avant, force est de constater que la promotion du secteur est tributaire d’engagement fort en termes d’assainissement de ses rouages déficients.

Il est communément convenu à cet effet, que la ressource de qualité est quasiment concentrée au large des provinces du sud. Ces régions riches en matière première, connaissent certes un développement socioéconomique ascendant.

Toutefois, le conflit artificiel fomenté par la junte algérienne continue à mobiliser nos vaillantes forces militaires sur tous les points frontaliers pour préserver nos territoires de toute éventuelle invasion.

L’espace maritime est donc sous leur protection constante. Des barons de la pêche ont l’habitude de ramener des « captures porteuses », dans les zones interdites, avec la complicité de ceux qui sont censés veiller à la sauvegarde des ressources halieutiques, à l’aide de leurs moyens de contrôle sophistiqués.

Le gros du marché de poisson se fait alors à ce niveau au grand jour et tout le monde y trouve son compte, hormis bien évidemment, l’immunité des caisses de l’Etat amoindrie par les détournements et l’équité en proie de décapitation par le monopole.

On a beau peaufiner les stratégies halieutiques les plus ambitieuses qui soient, on ne saurait jamais prétendre faire avancer la machine du secteur de la pêche à plein régime, alors que des hémorragies désolantes proviennent du sud, là où la loi de mainmise règne par la profusion de la pêche hauturière rentière, en termes de licences, sans parler des maux générés par la surpêche, la violation de la durée du repos biologique, surtout en direction du poulpe et du poisson juvénile, la fraude aux ponts-bascules…

Il est bien clair qu’il est impératif d’avoir l’audace de mener une large campagne de démantèlement de ces réseaux illicites qui s’immiscent dans l’octroi du butin maritime juteux car il s’agirait de gros bonnets de cette sphère.

Or, la mise en place performante de quelconques stratégies de réformes du secteur des pêches maritimes passe inéluctablement par le nettoyage des eaux du sud de tous ces « prédateurs ».

Il y va de l’intérêt du royaume, de la démocratie et de l’égalité !


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