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Témoignage : Feu Haj Mohamed Aguerouaz El Khorassani tel que je l’ai connu

Par M’bark  CHBANI, instructeur de  secourisme du CRM/ le 02-7-20 //

 C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris la nouvelle du décès de Haj Mohamed Aguerouaz El Khorassani , ancien président de la chambre d’Artisanat d’Agadir , ancien parlementaire , et  homme d’affaires de la région , survenu le dimanche 28 juin 2020 (cor.au 07 Dhou-Al Kiîda 1441H) à Agadir des suites d’une longue maladie. Témoignage.

J’ai fait la connaissance de mon grand ami, Mohamed Aguerouaz  El Khorassani , après le séisme, et précisément vers le milieu des années soixante alors qu’il était major du dispensaire du nouveau Talborjt où exerçait également son épouse.

Aguerouaz était à cette époque-là secrétaire général du comité provincial du Croissant Rouge Marocain (CRM) d’Agadir présidé par M.Mohamed Salimi, inspecteur de l’enseignement primaire et chef du bureau pédagogique à la délégation provinciale du ministère de l’Enseignement primaire où je venais d’être affecté, au début de l’année scolaire 1969-1970, après avoir effectué un détachement de quatre années à l’école d’apprentissage maritime d’Agadir (E.A.M.) où j’avais enseigné l’arabe, le français et l’EPS.

Un jour, il me contacta pour me proposer de participer au 1er Stage National de Formation d’Instructeurs de Secourisme du Croissant Rouge Marocain (CRM). J’ai donc décidé de tenter cette nouvelle expérience, car j’avais déjà reçu une formation de secouriste à la maison des jeunes de la Cité d’Urgence (Cité  Hassanie) d’Agadir au début des années soixante sous la direction de Melle Afif et M.Bounjimi .

Organisé par le Croissant Rouge Marocain en collaboration avec les ministères de la Jeunesse, des sports et des affaires sociales, de la Santé publique, et de la Croix Rouge Française , ce stage , qui  était animé par trois formateurs Français : M.Michel Thévenet , adjoint technique à la Direction nationale du secourisme et  les Drs.Petitet  et  Colas, médecins-instructeurs nationaux de la Croix Rouge Française ,  s’est déroulé , du 8 au 28 mai 1970 , au  Centre National de Formation des Cadres  du  Secourisme du Croissant Rouge Marocain à Skhirat près de Rabat, et dont l’inauguration officielle qui a eu lieu le 11 mai 1970 dans le cadre de la Semaine Nationale du Croissant Rouge, a été présidée par S.A.R. la Princesse Lalla Malika, présidente du Croissant Rouge Marocain, en présence de plusieurs personnalités civiles et militaires.

Je suis donc sorti major des deux premières promotions d’instructeurs (09 instructeurs) et de moniteurs (17 moniteurs). Il est à signaler que 12 secouristes ont été également reçus à l’examen final du stage.

À l’issue du stage, nous étions rentrés chez nous avec des projets plein la tête. Je me suis constitué ma propre  mallette de matériel  de formation et je me suis mis aussitôt au travail avec le soutien inconditionnel  de mon grand ami Aguerouaz . Et grâce à une parfaite conjugaison de nos efforts, nous avions pu faire de belles choses ensemble avec le peu de moyens dont nous disposions à l’époque.

Nous avions formé et encadrés de nombreux secouristes, filles et garçons, au Centre de Formation de la Jeunesse du Croissant Rouge d’Agadir que nous avions ouvert à la maison des jeunes de la Cité Suisse au secteur résidentiel. En ce temps-là, nous  gardions toujours  présent à l’esprit le fait que nous vivions dans une ville qui a déjà été complètement anéanti par un séisme,et qu’il fallait donc que nous nous tenions toujours prêts à intervenir à n’importe quel moment.

Je me rappelle l’avoir croisé un jour, en fin d’après-midi, au boulevard Mohammed Cheikh Saâdi alors que je me rendais au Talborjt . Et comme la terre avait tremblé plusieurs fois cette semaine-là, ce qui n’augurait rien de bon, il me fit part de son inquiétude et des dispositions qu’il avait déjà prises pour parer à toute éventualité, tout en me demandant d’en faire autant, et de me tenir prêt. Et il avait surtout insisté pour que je n’en  parle à personne dans mon entourage pour ne pas affoler les gens. C’était  un peu ça, mon ami Aguerouaz, un responsable consciencieux et prévoyant. Et c’était là aussi la conception que nous nous faisions du travail associatif et du  bénévolat.

Il est à noter que dans le cadre des échanges dont nos avions convenu entre collègues lors du stage de Skhirat, j’ai eu l’occasion d’aller faire passer les examens aux  secouristes formés par mes collègues, Mohamed El Boghari à Sidi Slimane, et Latifa Hicham à Marrakech où je suis retourné une seconde fois pour former une nouvelle promotion de secouristes.

Par ailleurs, nous avions fait partie de la délégation marocaine qui a participé au 1er Séminaire des Cadres de Secours et de Secourisme des Sociétés du Croissant Rouge du Maghreb (Algérie,Tunisie et Maroc) qui fut organisé par le Croissant Rouge Marocain à la colonie de vacances du ministère de la Jeunesse,des sports et des affaires sociales à Saïdia dans la région d’Oujda,du 1er au 8 août 1970. Aguerouaz avait participé activement aux débats, se distinguant par des interventions ciblées et des propositions  pertinentes lors des plénières. Pour ma part, et en plus d’une participation active aux travaux du séminaire, et à la rédaction des recommandations finales, j’avais été désigné, à l’unanimité, par mes pairs pour diriger l’exercice de secourisme que nous devions présenter devant tous les participants . Après concertation , notre choix s’était porté sur un exercice très délicat à savoir , la CAT (conduite à tenir) en présence d’une fracture de la colonne vertébrale que nous avions magistralement réussi.

Au Croissant Rouge à Agadir, nous avions vécu une expérience très enrichissante. Malheureusement, avec le changement intervenu à la tête du comité provincial, j’ai eu une amère  déception , ce qui m’a poussé à mettre fin à mon engagement.

Quant à Aguerouaz , il avait quitté la fonction publique pour s’investir dans le secteur privé . Il le fit d’abord dans le secteur de l’artisanat avant de diversifier ses activités par la suite.

Quelques années plus tard, j’ai eu l’une de ses filles dans ma classe au collège Souss Al Alima où j’enseignais le français.

Aguerouaz s’engagea plus tard dans la politique. Et toujours très entreprenant, il finit par être élu à la présidence de la chambre d’Artisanat d’Agadir à la tête de laquelle il avait rempli plusieurs mandats, ce qui le mena ensuite au parlement.

Il y a de cela deux ou trois ans, nous nous étions rencontrés par hasard à la Tour de Babel tout près de la chambre de Commerce. Et comme à l’accoutumée, Haj Mohamed me demanda d’abord des nouvelles de la famille (nos deux familles étaient très proches) avant de passer à autre chose. J’étais ravi de l’avoir rencontré ce jour-là . Ce fut d’ailleurs notre dernière rencontre.

En cette douloureuse circonstance , nous exprimons , ma famille et moi , aux membres de la famille du défunt et , à travers eux, à  l’ensemble de ses proches , ainsi qu’à tous ses amis , nos vives condoléances et notre sincère compassion , auxquelles nous associons celles de la rédaction d’Azulpress ,  et nous implorons le Très-Haut de leur accorder patience et réconfort et d’accueillir le défunt en Son vaste paradis . Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons.

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