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« Dire non ne suffit plus »

   Mohammed Bakrim//

« How many years can some people exist

Before they’re allowed to be free? »

Bob Dylan

Naomi Klein est une militante nord-américaine (elle est citoyenne canadienne et états-unienne), journaliste d’investigation, elle est l’auteure de plusieurs ouvrages dont certains sont de véritables best-sellers ; je pense à No logo (2001), La stratégie du choc (2008), Tout peut changer (2015)…mais ses écrits sont surtout des outils d’intervention dans le débat public ; ils sont devenus ainsi des références qui accompagnent la lutte pour le changement démocratique et climatique. Ce sont aussi des écrits de riposte et de résistance comme Dire non ne suffit plus (2017) dont le sous-titre est explicite : contre la stratégie de choc de Trump.

Le livre a été écrit « à chaud » ; dans la déception qui a suivi l’élection de Trump. Klein rapporte qu’elle était en Australie pour une rencontre de militants alternatifs (démocratie et écologie pour résumer) et le jour de la proclamation des résultats, elle et ses ami.e.s étaient en train de préparer une rencontre débat tout en ayant un regard rivé sur les écrans de télévision. Tout le monde ou presque était optimiste et il y avait de l’enthousiasme dans l’air ; rassuré par les sondages, Trump allait perdre. Mais ce fut une douche froide ; à l’annonce des résultats « la panique s’installa, raconte-t-elle…les militants se dispersèrent ». Comment comprendre, et interpréter ce qui s’est passé ?

Comment comprendre le choc qui continue à secouer la planète avec un tel président à la tête de la première puissance mondiale ? Tel est la finalité qui porte le livre. Certes, Trump a été mal élu ; il a bénéficié des failles ou plutôt de la complexité du mode du scrutin en vigueur aux Etats-unis ; il a eu, par exemple, moins de voix que sa rivale démocrate. Mais, il y a aussi d’autres facteurs ; certains d’ordre politiques comme ceux en rapport avec la stratégie du parti démocrate qui avaient empêché un candidat véritablement anti-Trump d’être retenu lors des primaires, Bernie Sanders.  

Mais loin d’être une aberration, cette victoire « surprise » est une conséquence logique d’une tendance qui traverse le champ politique ces dernières années. Tendance que l’on qualifie faute de mieux de « populisme ». Le Brexit et la victoire de Trump montrent que les politiciens qui représentent le stat quo néolibéral et sont échec ne font pas le poids devant les démagogues et les néofascistes. « Voilà pourquoi, même si le cauchemar de cette présidence devait s’achever demain, les conditions politiques qui l’ont produit et en produisent des copies dans le monde entier resteront à combattre »

Mais Naomi Klein insiste surtout sur les facteurs d’ordre culturels qui expliquent le phénomène Trump. Sa victoire est celle d’une stratégie qui est le fruit d’une culture dominante. Trump est un placement comme on le dit pour un produit. Il est le pur produit du capitalisme et de l’industrie du divertissement, intéressé avant tout par son accomplissement personnel, sa notoriété et le maintien de sa richesse.

Que faire aujourd’hui, alors que face à la crise pandémique, la fracture sociale entretenue par le programme néolibéral se révèle encore plus tragique ? « Le fait de dire non aux mauvaises idées, et aux mauvais personnages ne suffit tout simplement pas » insiste Naomi Klein. Le « non » le plus ferme doit s’accompagner d’un « oui » courageux. Un oui qui ouvre des perspectives ; un oui captivant et mobilisateur. Un oui qui nous fera poursuivre le combat pour un monde meilleur.

Le vent de révolte, animé essentiellement par la jeunesse, qui secoue l’Amérique de bout en bout, contre le racisme et les violences policières, est un signe à décrypter dans ce sens

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